À tu et à toi

À tu et à toi – Quelque chose de l’hiver et de l’amour

Élisabeth Delaygue et Alain Potelle

21.5cm × 13.5cm, collection Eclats poétiques, Le Lys bleu éditions, novembre 2026

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Les deux auteurs

Élisabeth Delaygue, en orbite ses pastels, le dessin, satellites d’une planète littéraire où elle exerce le plus clair de son temps, et, depuis longtemps, sa verve romanesque où s’affirme une recherche stylistique que d’aucuns qualifient de puissante et poétique.

Entre deux périodes d’écriture de longue haleine, toujours cœur et imagination, le dessin prend la main qui s’accorde à lui faire dire simultanément, irrépressiblement, couleur ou fusain, des poèmes en prose. Tout emplis des nuées de la mélancolie, il y transparaît pourtant la joie, le cristal de l’existence. Ses dessins par leurs formes suggestives, voire oniriques, leurs jeux d’ombres, prolongent les thèmes des poèmes plus qu’ils ne les illustrent. Ils sont dans ce recueil des intercalaires ou des timbres en regard des textes, passerelles à l’alternance des poèmes de l’un et de l’autre, les auteurs, amis qui, le temps d’un recueil, ont voulu conjuguer ce qui relève sans doute des étoiles: la richesse de l’inspiration.

 

Elle, à la poésie méditative, attentive aux paysages, aux saisons et aux mouvements de la mémoire et du corps, a été journaliste, a exercé d’autres métiers au fil d’exils heureux dans des contrées très lointaines. Deux de ses derniers romans ont reçu ensemble le prix littéraire du Bourbonnais 2026 (Agir – Les prix René Fallet et Bourbonnais). Elle réside désormais dans l ’Allier, à Vichy.

 

  Alain Potelle, une vie au travail comme sa coautrice, mais lui dans le secteur de la qualité dans l’industrie, avec une marge énorme sur la page de cette vie -là où se déchaînent des passions jamais décevantes pour le poète qu’il ne cesse un instant d’être, où toutes ses amours s’emmêlent puis s’éclatent dans la musique électronique allemande, planante et krautrock, l’underground en général, le jazz-rock et le rock progressif. Il affectionne aussi Bashung et Manset, et d’autres, il ne les citera pas tous. «J’aime beaucoup de choses en fait, dit-il, sauf le rap, l’électro, la variété… » Fasciné par les synthétiseurs – Il hante l’univers des collectionneurs de synthés, de ceux qui ont passé les décennies à faire glousser des musiques étranges sur des armoires bizarres, ressemblant davantage à des standards téléphoniques qu’à des instruments…

 

  Lui, à la poésie contrastée, sensuelle, parfois sombre, parfois contemporaine par ses références au numérique, à la musique, aux fractures de l’identité moderne – est l’auteur également d’une œuvre romanesque d’anticipation ou inspirée par la science-fiction existentielle à l’écriture limpide, curieusement aussi âpre que sensible. Mais le poète est instantané. Le son, la musique et la poésie sont indissociables pour lui. Le texte poétique habite intimement sa pensée, il livre dans ce recueil en alternance des esquisses remarquables de sa créativité. Alain Potelle réside dans l’Allier, près de Moulins.

 

Un mobile ? Accorder sa poésie quand fortuitement deux sensibilités se rencontrent, se font écho, c’est possiblement s’éveiller, surpris d ’un chemin jusque-là solitaire et donner de la voix à son universalité.

Peut-être une invitation à ralentir, à contempler, à laisser résonner mots et images d’où qu’ils viennent mais ensemble ?

 

Les dessins au pastel en ponctuation renforcent ou confirment le dialogue de notre expression poétique.